par Mohammed Torokman
Un Palestinien a été tué mercredi lors d'une attaque menée par des colons israéliens dans une oliveraie près du village de Burqa, en Cisjordanie occupée par Israël, a annoncé le ministère palestinien de la Santé.
Cette attaque s'inscrit dans un contexte de recrudescence de violences perpétrées par des colons israéliens pendant la récolte des olives par les Palestiniens, avec des tirs contre des agriculteurs, des agressions de journalistes et des destructions d'arbres.
L'armée israélienne a déclaré que des soldats et des colons avaient ouvert le feu lors de l'incident de mercredi, ajoutant que les soldats avaient réagi à un signalement selon lequel un Palestinien aurait lancé une pierre sur un colon, sans préciser pourquoi celui-ci se trouvait dans le secteur.
Des journalistes de Reuters ont été témoins de plusieurs incidents au cours des deux dernières semaines, au cours desquels Tsahal et des colons ont empêché des Palestiniens d'accéder à leurs oliveraies.
Le ministère palestinien de la Santé a identifié la victime comme étant Ali Hassan Yusor al-Bazzari, âgé de 44 ans. Il n'était pas possible de déterminer dans l'immédiat si sa mort résultait de tirs de l'armée ou de colons.
Lors de ses funérailles qui ont suivi l'attaque, son fils âgé de 12 ans, Danial, a pleuré sur sa dépouille avant que celle-ci soit recouverte d'un drapeau palestinien.
La récolte des olives, qui s'étend d'octobre à novembre, se déroule dans un contexte de recrudescence de la violence en Cisjordanie, où les colons israéliens ont tué au moins 30 Palestiniens cette année, selon l'Autorité palestinienne.
Plus de 45.000 arbres, parmi lesquels plus de 26.000 oliviers, ont été abattus ou abîmés en Cisjordanie au cours du premier semestre 2026, toujours selon l'Autorité.
"L'OLIVIER, C'EST LA VIE"
Les oliviers revêtent une grande importance pour les Palestiniens, car ils symbolisent leur attachement à la terre et constituent une source de revenus vitale dans un contexte de pressions économiques croissantes.
"Pour nous, l'olivier, c'est la vie", a déclaré Tayseer Al-Sheikh, un agriculteur palestinien de 64 ans, originaire de la périphérie du village de Rantis, au nord-ouest de Ramallah.
Selon lui, la crainte de violences de la part de colons l'a empêché d'accéder à ses oliviers et de s'en occuper pendant un an. Il n'a pu participer à la récolte en cours qu'en étant accompagné d'activistes assurant sa protection.
Pour Tayseer Al-Sheikh, la perte ne se mesure pas seulement en nombre d'arbres ou en quantité d'huile produite, mais aussi à l'évolution du rapport des gens à leur terre.
"Autrefois, tout le monde venait cueillir les olives, jeunes et vieux. Aujourd'hui, beaucoup de gens ont peur de se rendre sur leurs terres", a-t-il déclaré à Reuters.
(Reportage Mohamad Torokman, Ali Sawafta, Lina Obeid et Pesha Magid, version française Benjamin Mallet)

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